À Ziguinchor, les syndicats d’enseignants ne comptent pas lâcher l’affaire. Ils maintiennent la pression. Après leur mouvement d’humeur observé en fin janvier et début février, les syndicalistes campent sur leurs positions face à ce qu’ils qualifient d’« accords non respectés » par le gouvernement.
Joint au téléphone par La Voix du Sud Info, Amidou Diédhiou, secrétaire général national du SELS (Syndicat des enseignants libres du Sénégal), a exposé les raisons profondes de cette nouvelle montée au créneau. « C’est une grève qui fait suite à beaucoup d’interpellations », a-t-il affirmé. Selon lui, les enseignants ont privilégié pendant près de deux ans le dialogue et la négociation avant d’en arriver à ce bras de fer, une conséquence d’un » immobilisme des autorités étatiques ‘’ .
Parmi ces revendications, la situation des enseignants décisionnaires, en particulier l’amélioration des conditions de vie de ceux admis à la retraite. Le responsable syndical évoque également plusieurs décrets signés mais restés, selon lui, sans application effective. « Des engagements ont été pris mais ils ne sont pas respectés », déplore-t-il.
Dans le même entretien, Amidou Diédhiou s’est aussi prononcé sur les récents événements survenus à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. « Rien ne peut justifier l’entrée des forces de l’ordre à l’université », tranche-t-il, prenant ainsi le contre-pied de la position exprimée par le ministre de l’Intérieur qui, pourtant, a reconnu les actes contraires au processus normal de maintien de l’ordre lors de l’intervention des éléments de la police. Il appelle par ailleurs à « changer de paradigme » face aux violences enregistrées qui ont conduit à la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba, en licence 2 à la faculté de médecine.
Concernant la poursuite du mouvement, le ton se veut ferme. Le secrétaire général du SELS invite ses collègues à respecter strictement la décision collective.
À la question relative à l’organisation des compositions et évaluations, sa réponse est sans équivoque :
« Si chaque enseignant se mobilise comme nous le souhaitons, aucune composition ne sera organisée, aucune évaluation ne sera tolérée. » conclut-il
