À Ziguinchor, les élèves disent ne pas vouloir » payer le prix » d’un acte ‘’qu’ils n’ont pas commis’’. L’annonce, samedi dernier, par l’Inspection d’académie, de la tenue des compositions, alors que depuis janvier les activités pédagogiques ont été perturbées par des grèves répétées d’enseignants.
Estimant ne pas devoir « payer le prix » d’un mouvement dont ils ne sont pas responsables, les élèves du lycée de Kenya ont décrété une grève de 48 heures. À l’initiative du gouvernement scolaire, le mot d’ordre a été lancé mardi pour dénoncer une décision jugée brusque et inadaptée au contexte pédagogique actuel.
Les enseignants ont boycotté les activités pédagogiques à travers des grèves répétées. « Nous ne pouvons pas payer le prix d’un acte que nous n’avons pas commis », a déclaré Charnelle Diatta, présidente du gouvernement scolaire du lycée de Kenya. Les élèves réclament un réaménagement du calendrier et une date de compositions « appropriée », tenant compte du retard accumulé dans l’exécution des programmes.
Pour les protestataires, les conditions d’apprentissage ne permettent pas d’aborder sereinement les évaluations. « Nous sommes les cadres de demain et nous méritons d’étudier dans de bonnes conditions », a insisté la présidente, appelant les autorités académiques à faire preuve de compréhension.
Le mouvement a gagné d’autres localités de la région. Dans les départements d’Oussouye et de Bignona, plusieurs établissements ont emboîté le pas en annonçant des arrêts de cours simultanés. Certains élèves ont également exprimé leur solidarité avec les étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, où des tensions ont récemment éclaté qui ont conduit au décès de l’étudiant Abdoulaye Ba lors des affrontements avec les forces de l’ordre.
Dans le département de Ziguinchor, la revendication principale reste centrée sur le calendrier scolaire. Les élèves disent refuser d’être « sacrifiés » à la suite des perturbations enregistrées et exhortent les autorités à trouver une solution durable au différend avec les enseignants. « C’est une forme de maltraitance. Il faut d’abord régler la situation des enseignants pour que nous puissions être correctement encadrés et évalués », interpelle Charnelle Diatta.
