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Terrorisme : Sale temps pour Ismaila Diallo

Arrêté par la Brigade de recherches (Br) de Saint‐Louis, Ismaila Diallo a été discrètement conduit à Dakar. Il risque gros C’est sous escorte du Gign qu’Ismaila Diallo a été conduit jeudi à Dakar et déféré au parquet, compétent en la matière, pour « association de malfaiteurs en lien avec une organisation terroriste, entente en vue […]

Arrêté par la Brigade de recherches (Br) de Saint‐Louis, Ismaila Diallo a été discrètement conduit à Dakar. Il risque gros

C’est sous escorte du Gign qu’Ismaila Diallo a été conduit jeudi à Dakar et déféré au parquet, compétent en la matière, pour « association de malfaiteurs en lien avec une organisation terroriste, entente en vue de commettre un ou des actes terroristes, participation à un groupe armé en vue de commettre un ou des actes terroristes et apologie du terrorisme ».
Que s’est-il passé ? Le 26 avril, en avril d’une délégation judiciaire dans l’affaire Masseck Sarr, la Brigade de recherches (Br) de Saint‐Louis ont cueilli Ismaila Diallo visé, dans un premier temps, pour des faits d’association de malfaiteurs, diffusion de fausses nouvelles, insultes commises par le biais d’un support informatique, outrages au ministère de plusieurs cultes mais diffamation envers la mémoire des morts.
Interrogé par les enquêteurs, Ismaila Diallo a reconnu partiellement les faits qui lui sont reprochés en affirmant qu’il ne partageait pas les motivés de l’islam confrérique. Relativement
au discours violent tenu à l’égard des guides spirituels, il a essayé de contester, sans
convaincre, les faits. Ismaila Diallo présenté au juge d’instruction du premier cabinet de Saint‐Louis, puis placé sous mandat de dépôt, les enquêteurs ont néanmoins commencé à exploiter le contenu de ses deux téléphones de
marque Samsung et Techno.
C’est là que les gendarmes sont tombés sur des contenus explosifs avant de solliciter, du
magistrat instructeur, l’extraction de Ismaila Diallo. Les éléments découverts ayant un caractère terroriste, le parquet de Dakar, compétent en la matière, est avisé.
Dans un premier temps, les enquêteurs sont tombés sur un groupe WhatsApp avec plusieurs membres, tous portant des surnoms de guerre. Ismaila Diallo lui‐ymême est baptisé «Abou Oussama Al Sénégali», qui renvoie à Abou Oussama du Sénégal. Plusieurs autres images de Jihadistes, dont Ben Laden, ont également été trouvées
dans le téléphone de marque Samsung. Interpellé, Ismaila Diallo a prétendu que « Oussama » revenait à un de ses fils.
Ensuite, il est revenu sur ses propositions, renseignant que leur nom serait issue de leur position dans le groupe. Plus déterminant encore, l’un des anciens membres du groupe se trouve être Assane Diène.
Pour la petite histoire, Assane Diène se faisait appeler Abou Anais ou le «lion sénégalais». Il fait partie de cette vague de jeunes sénégalais qui avait rallié le Nigéria et la Libye. Courant 2015, Assane Diène, alors proche de Abdourahmane
Mendy alias Abou Elimine, a été tué en Lybie tout comme les nommés Abdallah Sine dit «Abou Zeinab» ou Zaid Ba de son vrai nom Hassane Ba.
Entendu, Ismaila Diallo a admis qu’Assane Diène fut son «frère» et qu’il a été effectivement tu*é par l’armée libyenne. Mais, un autre nom qui a semé le sang en France est apparu dans l’enquête.
Le 13 novembre 2015, Paris et Saint‐Denis sont frappés par des attentats qui ont fait 130 morts. Le lendemain, un Français, se présentant comme « la voix de Daesh » revendique l’attention dans une vidéo. Les services de renseignement français établissent rapidement que derrière la voix de D@esh se cachait Fabien Clain, un Toulousain qui avait rallié l’État islamique. A son actif, plusieurs
jeunes français ont rejoint Da€sh à travers la fameuse filière d’Artigat, du nom de ce village de l’Ariège.
En février 2019, la mort de Fabien Clain est annoncée suite à des frappes l’ayant visé en Syrie.
En remontant aux anciens échanges d’Ismaila Diallo, les enquêteurs ont été intrigués par ses communications avec Omar Abou Al‐Faransi qui renvoie à Omar Abdou‐le Français. A Ismaila Diallo, son interlocuteur demande si leur « Dawla » est active avec des « Moudjahidines ». Ismaila Diallo lui répond que beaucoup sont en prison et d’autres se terrent. Il indique par ailleurs que certains ont rejoint les « pays libérés » en citant La Lybie, le Nigéria et le Mali en proie au terrorisme. A la fin de la discussion, Fabien Clain, identifié derrière ce surnom, a envoyé son numéro à Ismaila Diallo et une application à travers laquelle leur groupe communiquait « en toute sécurité ». Prié de s’expliquer, Ismaila Diallo a soutenu qu’il était au
courant du parcours criminel de Fabien Clain, en se né à soutenir n’avoir jamais en tout cas posé un acte terroriste.
A noter que lors de la perquisition effectuée chez Ismaila Diallo les gendarmes ont mis la main sur un livre qui enseigne les méthodes de la guerre et deux pantalons treillis de désert.

liberation

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