Le Premier ministre Ousmane Sonko a réagi ce samedi, aux déclarations de la ministre wallonne de l’Énergie, Cécile Neven. La ministre avait récemment annulé une visite prévue à Dakar et annoncé la suspension de financements wallons au Sénégal, en réaction au renforcement de la loi sénégalaise sur l’homosexualité.
S’exprimant après la prière de l’Aïd El-Fitr à Ziguinchor, Ousmane Sonko s’est montré ferme et a indiqué qu’une réponse officielle serait adressée à la ministre. Son intervention insiste sur le principe de souveraineté. Pour lui, le Sénégal doit rester maître de ses choix législatifs et ne pas voir ses décisions conditionnées par des aides extérieures.
«La souveraineté est importante parce qu’elle permet à un pays de prendre ses propres décisions, sans qu’elles ne lui soient imposées. J’ai vu un ministre d’un pays européen qui a décidé de bloquer ses financements du fait de notre loi contre l’homosexualité. Quand je retournerai à Dakar je proposerai qu’on lui envoie une correspondance pour lui dire qu’on ne veut pas de leur financement et qu’ils laissent notre pays se concentrer sur ce qu’il est en train de faire», a répondu Ousmane Sonko face à la presse après la prière.
Dans une vidéo publiée le 18 mars, Cécile Neven s’était exprimée fustigeant la nouvelle loi sénégalaise et annonçait des mesures concrètes sur la coopération.
«Cette loi stigmatise, elle criminalise, bref, cette loi met des vies en danger. Dans ce contexte, j’ai décidé d’annuler mon déplacement prévu fin mars au Sénégal, dans le cadre d’un colloque international lié à des projets qui sont financés par la Wallonie. J’ai donc décidé de passer immédiatement en revue l’ensemble des financements wallons en matière de coopération climatique internationale avec le Sénégal», avait-elle déclaré.
La ministre a précisé qu’elle soumettrait rapidement ses conclusions au gouvernement wallon, en mettant l’accent sur les valeurs qui, selon elle, doivent guider la coopération internationale.
«La question de la poursuite de ces financements doit être posée sans tabou. La coopération internationale est utile et elle est même indispensable, mais elle ne peut pas être aveugle, elle ne transige pas sur la dignité humaine», a-t-elle ajouté.
Une décision législative locale qui semble entraîner des conséquences diplomatiques et financières. Alors que Dakar revendique son droit à décider seul de sa législation, la Wallonie estime que son aide ne peut ignorer la question des droits humains. Le désaccord dépasse le sujet de la loi, il renvoie à la manière dont les partenaires conçoivent les limites de la coopération.
L’Afrique est-elle vraiment souveraine ?
