L’Administration pénitentiaire vient d’annoncer l’interdiction de la fouille à nu des détenus dans les prisons du Sénégal. Quelques jours après avoir interpellé le gouvernement, le député Guy Marius Sagna obtient alors gain de cause.
Dans une publication Facebook datée du 27 juillet et dans une question écrite adressée au ministre de la Justice, le député de la XVe législature Guy Marius Sagna avait dénoncé une pratique « qui bafoue la dignité des êtres humains en les mettant nus ».
L’élu avait pointé du doigt la « fouille intégrale » subie par les détenus à leur entrée en prison. Au-delà de cet aspect, il s’était également inquiété de la surpopulation carcérale « scandaleuse », de l’utilisation des bracelets électroniques et de l’état d’avancement des constructions de nouvelles prisons.
Tout en saluant une circulaire récente du ministre de la Justice visant à désengorger les prisons et à réduire les longues détentions provisoires, le député avait demandé des comptes au gouvernement notamment sur le nombre de bracelets électroniques achetés , l’état d’avancement des travaux des nouvelles prisons et le statut des agents pénitentiaires.
Ce 10 août 2026, le Directeur général de l’Administration pénitentiaire, l’Inspecteur Aliou CISSE, a signé une note de service N°001994/MJ/DGAP/DAJPSEP portant « Interdiction de la fouille à nu des détenus(es) à l’admission dans les établissements pénitentiaires ».
Dans le document, l’administration reconnaît que « la fouille par palpation, la fouille à nu, la fouille des locaux, des colis méritent d’être plus humanisées, en particulier celle à nu ». Elle juge cette pratique » humiliante, dégradante » et portant atteinte à la dignité humaine.
Désormais, il est enjoint aux directeurs des établissements pénitentiaires de
désigner un cadre responsable de la fouille ;
d’aménager des locaux ou box individuels en fouillant individuellement les détenus arrivants ;
de recourir à la fouille systématique des détenus arrivants que par nécessité ;
d’arrêter de déshabiller à nu les détenus et procéder à leur fouille en leur laissant leur culotte.
La note précise toutefois qu’ »en cas de présomption précise d’infraction ou d’un risque avéré pour la sécurité, et si les palpations sur culotte s’avèrent insuffisantes, on peut procéder exceptionnellement à la fouille à nu ».
Cette décision intervient alors que le député Sagna avait lui-même qualifié de « salutaires » les dernières mesures du ministre de la Justice pour désengorger les prisons.
Amidou DJO-OURO
