En visite dans le sud du pays ces 11 et 12 août, le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage a fait escale à Bignona, l’une des étapes de sa tournée.
Cheikhou Oumar Ba est venu à la rencontre des producteurs, des jeunes et des autorités locales pour voir de près les contraintes et les opportunités du département.
Il ne suffit plus d’attendre les rapports des services techniques. Il faut se déplacer. « Nous devons confronter les chiffres à la réalité, écouter directement les acteurs et adapter nos réponses », a-t-il affirmé.
Cette approche s’inscrit dans la volonté du président Bassirou Diomaye Diakhar Faye , d’agir en amont et anticiper au lieu de subir.

Avec plus des deux tiers de la superficie de la région de Ziguinchor, Bignona représente un enjeu majeur pour l’agriculture casamançaise. Le ministre estime que ce potentiel doit être transformé en richesse et en emplois.
Durant son séjour, il a visité plusieurs exploitations, dont une ferme qui forme des jeunes venus du Sénégal, de Gambie et d’ailleurs. Une expérience qui l’a marqué. Ces centres sont la preuve que l’agriculture peut attirer et retenir les jeunes. «L’engagement que j’ai vu ici doit être encouragé et étendu », a-t-il déclaré.
Cheikhou Oumar Ba pointe un problème de dispersion. L’État, les collectivités et le secteur privé interviennent déjà, mais sans toujours se parler.
Pour corriger cela, il prévoit une grande rencontre à Bignona, pilotée par le préfet, pour mettre autour de la même table la DER, PROVAL-CV et tous les autres programmes.
Aligner les interventions, éviter les doublons et donner plus de lisibilité aux jeunes qui veulent s’installer.
Dans le cadre de la LOASP, le gouvernement veut aussi sécuriser l’installation. Formation, accès au foncier, suivi : les centres agricoles auront un rôle clé.
Le ministre a annoncé l’arrivée prochaine de 500 mini-tracteurs et 500 motoculteurs. Ils seront mis à disposition via des subventions, avec une part à la charge des bénéficiaires. Il mise aussi sur les CUMA pour que les producteurs puissent partager le matériel.
Autre dossier : le barrage d’Affiniam. Des discussions avec la SODAGRI et les partenaires sont prévues pour débloquer la situation et répondre aux attentes des populations.
À Oulampane, Cheikhou Oumar Ba a tenu à saluer le parcours de Jean-Noël Mendy. Sur 50 hectares, ce jeune développe plusieurs spéculations avec sa famille. Un modèle, selon le ministre, qui pourrait inspirer d’autres jeunes, y compris venus de Kédougou.
« Nous avons besoin de paix et de nous entendre sur l’essentiel pour produire », a-t-il dit.
Face aux producteurs, le ministre a été clair : l’accompagnement individuel a ses limites. Il faut passer par les coopératives pour mutualiser les terres, les moyens et accéder plus facilement aux financements.
Il a rappelé les appuis déjà faits dans la zone par PROVAL-CV et la DER, qui touchent déjà des milliers de jeunes et d’acteurs.
Il a aussi insisté sur deux points : produire ses propres semences pour gagner en autonomie, et adapter les politiques aux réalités du terrain. Sur les engrais par exemple, il faut tenir compte des pratiques et croyances locales.
Les conflits agriculteurs-éleveurs, la salinisation des rizières, le manque de main-d’œuvre : autant de défis évoqués. Le ministère travaille sur des solutions techniques et sur la sécurisation des parcelles.
