Au marché central d’Oussouye, c’est l’inquiétude qui s’installe pour les vendeuses de légumes et de poissons.
Les journées se ressemblent, peu de clients, des invendus qui s’accumulent et des pertes qui deviennent le quotidien. Faute de débouchés, ces femmes voient leurs produits se détériorer sous leurs yeux et restent impuissantes. Ce qui les affole, ces commerçantes, la situation qui s’est dégradée depuis que les vendeuses de poisson ont quitté l’intérieur du marché. Pour attirer plus de clients, ces dernières se seraient installées aux abords de la route principale.
Un choix compréhensible, mais qui a eu pour effet de vider une grande partie du marché, de priver aux autres de clients. La conséquence, est directe, les étals de légumes, restés à l’intérieur, se retrouvent désertés et la
marchandise pourrit, faute de clients.

Au micro de notre correspondante à Oussouye, Khadidiatou Barry, Dioula Sané, responsable des vendeuses de légumes, décrit une situation difficile : « le problème, c’est que toutes les vendeuses de poisson sont sorties du marché pour aller vendre dehors. Avant, les clients venaient acheter le poisson et ils profitaient pour prendre les légumes. Aujourd’hui, ils achètent au bord de la route et ils rentrent. Du coup, pour trouver de la clientèle à l’intérieur, c’est très difficile. La marchandise finit par pourrir. Seuls nos anciens clients continuent de venir jusqu’à nous.
En plus, les produits deviennent excessivement chers. » Les carottes, les choux, les tomates, tout a augmenté. Nous n’avons pas non plus de gardien pour surveiller nos marchandises la nuit. Nous avons saisi la mairie, mais elle nous répond qu’elle n’a pas de budget. Même pour les lampes, on n’en a pas. » a-t-elle ajouté.
La mévente touche également d’autres corps de métier. Lamine Dramé, boucher au marché d’Oussouye, fait le même constat . « Les gens préfèrent acheter du poisson plutôt que de la viande. C’est moins cher. Pourtant, avec les problèmes au Mali, les bêtes sont très chères à l’achat. Tu vends, mais tu ne t’en sors pas. On n’a pas d’autre choix que ce métier, alors on fait avec, mais c’est vraiment dur », déplore-t-il .
Face à la hausse des prix, au manque de sécurité et à la désertion d’une partie du marché, les commerçants d’Oussouye appellent les autorités locales à prendre des mesures urgentes pour redynamiser le marché central et permettre aux activités de repartir.
Khadidiatou Barry, correspondante, Voix du Sud, Oussouye
