Les habitants de Santhiaba ont reçu un lot de matériel d’évacuation d’eau pour faire face aux eaux de pluie qui submergent le quartier à chaque hivernage. Un don d’un fils du quartier, Jean Aimé Carvalho, mobilisé grâce à une vidéo d’alerte postées par un jeune du quartier sur les réseaux sociaux.
C’est une bouffée d’oxygène pour Santhiaba. Situé dans une cuvette, le quartier reçoit toutes les eaux de ruissellement de Boucotte, Colobane, Néma 2 et Château d’Eau. À chaque forte pluie, plusieurs artères se retrouvent sous les eaux.
L’alerte est partie d’une vidéo. Un jeune du quartier a filmé les rues inondées et l’a diffusée sur les réseaux sociaux. Des images qui ont touché un digne fils de la localité.
Dr Jean Bernard Diatta, habitant de Santhiaba, explique au micro de la Voix du Sud : « Un digne fils, un bon représentant du Sénégal, un mécène, qui est né ici, a grandi ici et qui pour des raisons de travail est parti à Dakar, a jugé utile de venir en aide à sa population. C’est pour cela qu’il a mobilisé un montant d’un million de francs. Le matériel est composé de motopompes, de tuyaux de 50 mètres, de pelles, de bottes, de brouettes et de houes qui nous permettront de mieux canaliser et d’évacuer l’eau. »

Un geste salué par les autorités coutumières. Pour Lamine Sène, chef de quartier de Santhiaba, l’urgence était réelle à quelques semaines de la rentrée des classes : « Quand on parle d’inondation, c’est partout à Ziguinchor, mais Santhiaba est plus touché parce que c’est une zone basse. Notre école Francisco Carvalho est là, tout près. Il y a plein d’eau. Il faut l’enlever et débroussailler. Vu le matériel qui est là, on peut prendre les devants. »
Sur le terrain, les habitants comptent s’organiser pour faire durer le matériel. Une gestion collective a été décidée. « Ce qu’on peut faire, c’est veiller sur ce matériel-là, parce que ça coûte beaucoup d’argent. Il faut surtout qu’il y ait une cohésion entre nous. S’il y a des inondations et que quelqu’un peut acheter de l’essence, on amène le matériel, on fait le travail, on plie le matériel et on rentre », insiste Salif Diabang, habitant de Santhiaba, auteur de la vidéo. « C’est un sentiment de satisfaction que nous ressentons aujourd’hui », ajoute-t-il. « Nos grands-mères, nos mères, nous et nos enfants sommes confrontés aux mêmes difficultés. Maintenant, la réception de ce matériel va permettre de faire face. »
Au-delà de ce geste de solidarité, les jeunes qui ont lancé l’alerte à travers leurs vidéos espèrent motiver d’autres mécènes. Mais pour les habitants, les actions de bonne volonté ne suffiront pas. Ils interpellent les autorités de la commune de Ziguinchor pour une solution durable afin de sauver les habitations de ce quartier historique, véritable réceptacle des eaux de la ville.
Amidou DJO-OURO
