Lors d’un point de presse tenu ce samedi à Ziguinchor, Abdou Sané, un des responsables du parti PASTEF dans le département, a vivement critiqué, dans une déclaration, le gouvernement actuel.
Il l’accuse de « reniement » et d’absence de volonté politique, notamment sur la question de la transparence dans la gestion des fonds publics.

Devant les journalistes et militants, Abdou Sané a d’abord salué ce qu’il appelle la « rupture » à l’Assemblée nationale depuis 2024. « Avant notre avènement, l’Assemblée nationale était totalement arrimée à l’exécutif. C’était même un prolongement de l’exécutif. Mais aujourd’hui, elle est en train de se réconcilier avec elle-même, mais aussi avec le peuple souverain », a-t-il déclaré.
Dans cette déclaration, le responsable de PASTEF Ziguinchor est revenu sur la proposition de loi initiée par le groupe parlementaire PASTEF pour « plus de transparence dans la gestion des fonds spéciaux ». Il rappelle que cette initiative s’inscrit dans l’engagement du parti pour « la redevabilité, la reddition des comptes et le respect de la législation ».
Le gouvernement avait, selon ses dires, pourtant formulé un amendement à cette proposition en commission. « Malgré ses insuffisances et son incongruité, il a été accepté et intégré dans la proposition de loi. À la surprise générale, ce même gouvernement a saisi le Conseil constitutionnel pour dénoncer cette proposition de loi amendée. Le masque est tombé », a asséné Abdou Sané.
Ce recours marque « l’absence de volonté politique » et le rejet d’un dispositif législatif pouvant « mieux contrôler nos ressources publiques si sacrées ».
Attaques contre Ousmane Sonko et déclin des valeurs
Abdou Sané a également dénoncé ce qu’il qualifie de « contre-feu » du gouvernement.
« Dans un élan désespéré et en complicité avec certains de ses sbires, le gouvernement a cru devoir jeter le pauvre sur l’un des plus valeureux fils de l’histoire élogieuse du Sénégal, en l’occurrence Ousmane Sonko », a-t-il lancé.
Le responsable de PASTEF a par ailleurs dépeint un tableau sombre de la situation nationale. Il évoque « le déclin des valeurs de probité morale, de l’éthique et de l’orthodoxie » et parle « d’ère de décadence morale » où « la honte est élevée en fierté et l’impunité érigée en principe de gouvernance ».
« Le Sénégal se dirige inexorablement vers l’abîme. Heureusement que le brave et souverain peuple veille et ne cédera jamais à la fatalité ».
Les patriotes du Sud annoncent que le parti reviendrait sur « le déclin progressif des acquis démocratiques » lors de ses prochaines sorties.
La conférence de presse de PASTEF Ziguinchor intervient dans un contexte de débats et de clash politiques notamment autour de la gestion des finances publiques et du rôle de l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko.
Amidou DJO-OURO
