Le ministre de la Communication est en tournée dans le sud. Alioune Sall est arrivé dans le cadre du programme New Deal Technologie, un projet porté par le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, qui devrait permettre à plusieurs zones rurales d’avoir une meilleure connectivité à Internet. « Le coup d’envoi officiel de la première phase du projet » a été donné à Albadar, village situé dans la commune de Kafountine, département de Bignona. C’est cette localité qui a servi de spécimen pour poser les bases solides d’un programme qui va « améliorer » l’accès universel à Internet.
« Ce choix de commencer ici, à Albadar, n’est pas le fruit du hasard. C’est un acte politique fondé sur une conviction profonde : les zones périphériques méritent d’être les premières bénéficiaires d’une révolution numérique, inclusive et équitable », a déclaré le ministre Alioune Sall au micro de nos journalistes Alassane Diédhiou et Amadou Goudiaby.
Selon les données les plus récentes, explique le ministre, « 40 % des Sénégalais n’ont pas accès à une connectivité Internet de qualité dans les zones rurales ». Ce déséquilibre d’accès à Internet n’est pas seulement, selon Alioune Sall, une inégalité d’accès à l’information, mais touche aussi d’autres domaines d’activités : l’emploi, la santé, l’économie, entre autres.
Réaction du gouvernement face à la situation

Les autorités sénégalaises veulent venir à bout de ce phénomène. Pour cela, le ministère de la Communication a été chargé de mener cette mission de connectivité à Internet. Mais au-delà du soulagement que cela représente pour les communautés rurales, c’est aussi une question technique et économique.
En optant pour la connectivité satellitaire plutôt que pour la fibre optique, la 4G ou la 5G, le gouvernement veut réduire les dépenses et optimiser la rentabilité. « La téléphonie mobile ne couvre pas encore l’ensemble du pays », contrairement à la connectivité satellitaire qui est disponible partout et se déploie sans nécessiter de travaux lourds. « Une technologie de justice territoriale et au service de l’équité », a expliqué Alioune Sall au centre de formation professionnelle d’Albadar.
Les apprenants pourront dès « demain matin accéder aux meilleures plateformes de formation professionnelle en ligne » pour toute activité, et les formateurs du « monde entier » pourront désormais intervenir dans les activités en ligne.
C’est un programme gigantesque qui va aussi aider chacun à s’y retrouver, dans sa zone de confort.
Le maire de la commune de Kafountine a, pour sa part, salué le projet en présence de plusieurs autres autorités de la région. Pour David Diatta, « le New Deal Technologie est un projet d’audace et de courage ». Le maire évoque, à l’occasion, une révolution du désenclavement numérique enclenchée par le gouvernement. « Vous avez osé aller en profondeur pour restaurer la dignité humaine », a-t-il déclaré, soulignant que ce programme va beaucoup soulager plusieurs services, notamment la santé, l’éducation et autres.
Sylvie Malack, la directrice du centre de formation professionnelle d’Albadar, y voit, elle, une rupture avec les méthodes classiques d’enseignement.
« Vous nous permettez d’être en harmonie avec notre époque, car cet outil de travail est une aide à l’efficacité de la transmission du savoir », a-t-elle affirmé.
Amidou DJO-OURO
