Ils sont enseignants et agents de l’inspection de l’éducation à avoir été promus au grade de chevalier de l’Ordre national du Mérite. Dans cette liste de récipiendaires, figure Madame Fatounding Diédhiou, institutrice et directrice du préscolaire de Nema, à Ziguinchor.
Dans ses premiers mots accordés à La Voix du Sud, elle se montre émue et revient sur un parcours marqué par la persévérance et le sens du devoir.
« Ce n’est pas facile d’enseigner, pour une femme. Tu dois gérer ton foyer et ton travail en même temps. Mais on a su surmonter tout ça », confie-t-elle.
Pour l’enseignante, le travail ne se limite pas à l’effort, mais à la manière de l’accomplir.
« Il ne suffit pas seulement de travailler, mais de le faire correctement, quelles que soient les difficultés. Je me disais que je serai jugée par rapport à mon travail. Quand tu as un travail, il faut le faire correctement », insiste-t-elle.
33 ans de carrière au service de l’éducation
Avec plus de trois décennies d’expérience, Fatounding Diédhiou revendique une rigueur constante dans l’exercice de son métier :
« Mon directeur ne saurait dire que Mme Diédhiou est venue au travail sans préparer. Je prépare bien mes fiches à la maison et, à l’école aussi, je fais mon travail avec sérieux. »
Elle souligne également l’importance de l’amélioration continue dans le métier d’enseignant, invitant à toujours chercher à progresser et à se perfectionner.
« La meilleure distinction que j’ai eue »
Très émue à l’annonce de cette distinction, elle évoque un moment personnel fort.
« Quand j’ai eu la nouvelle, j’ai pleuré toute la nuit. »
Elle dédie cet honneur à ses parents, avec une pensée particulière pour son défunt père, qui a, selon ses mots, « tout fait pour la voir réussir ».
Un message aux jeunes filles
Profitant de cette reconnaissance nationale, elle lance un appel aux jeunes filles :
« Il faut respecter le travail, c’est une question de dignité et d’honneur. »
Un parcours forgé dans l’effort
Née à Ziguinchor, cette « lionne » décorée au niveau national a été façonnée par les épreuves de la vie, notamment durant son enfance passée à Sindone. C’est dans cette localité qu’elle a effectué ses études élémentaires, avant de poursuivre son cursus au lycée Djignabo Bassène à partir de la classe de sixième.
Titulaire du baccalauréat en 1989, elle s’oriente très tôt vers l’enseignement en réussissant le concours d’entrée à l’École normale des éducateurs préscolaires.
« J’ai choisi d’aller faire la formation », explique-t-elle, évoquant son amour pour ce métier.
Cette distinction, attribuée par le président de la République en reconnaissance des services rendus à l’État et de son engagement, consacre le parcours d’une femme déterminée. Elle s’impose aujourd’hui comme un modèle pour de nombreuses Sénégalaises
Amidou DJO-OURO
