À Ziguinchor, le dialogue reprend timidement après plusieurs mois de tensions sur le campus de l’Université Assane Seck. Un atelier réunissant acteurs universitaires, représentants de la société civile et étudiants s’est tenu ce week-end avec un objectif affiché : « diagnostiquer les crises universitaires pour mieux les anticiper et renforcer la cohésion sociale et la stabilité territoriale ».
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par des heurts enregistrés ces derniers mois dans plusieurs universités publiques du Sénégal. À Ziguinchor, la crise s’est cristallisée autour de la suspension, en novembre 2024, des amicales d’étudiants par les autorités académiques. Une décision prise à la suite de manifestations ayant dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre.
À l’origine de la contestation, des revendications liées notamment à la réhabilitation et à l’achèvement d’infrastructures universitaires engagées depuis plusieurs années, dont des amphithéâtres. Les protestations avaient rapidement pris une tournure violente, poussant l’administration à dissoudre les structures étudiantes.
Une médiation portée par la société civile
Face à l’impasse, un groupe d’acteurs, avec en chef de file le mouvement citoyen Saxal Jamm, a engagé une démarche de médiation. L’objectif : instaurer un cadre d’écoute et apaiser les tensions.
Le directeur de la Vie universitaire, Ousmane Basse, salue cette dynamique. « Ce n’est pas la première fois que nous échangeons avec les acteurs de la société civile pour trouver des solutions », rappelle-t-il. Selon lui, la priorité reste la prévention des crises et l’instauration d’un climat de sérénité au sein du campus.
La participation d’étudiants à l’atelier est perçue comme un signal encourageant. L’administration affirme avoir travaillé sur un mémorandum fixant les critères d’organisation et de fonctionnement des amicales.
Une relance conditionnée
La question d’une éventuelle relance des amicales, dissoutes en novembre 2024, reste toutefois prudente. « Nous examinons les critères afin de pouvoir les remettre en place », indique Ousmane Basse, sans avancer de calendrier précis.
L’administration attend notamment l’arrivée des nouveaux étudiants pour relancer le processus sur la base de nouvelles cartes universitaires. Un signal d’ouverture, mais sans engagement immédiat.
Du côté des étudiants, le silence domine. Aucun représentant n’a souhaité s’exprimer publiquement à l’issue de la rencontre. Difficile, dès lors, de mesurer le degré de satisfaction ou l’issue réelle du dialogue engagé.
Présent à l’atelier, le Collectif des organisations de la société civile pour les élections (COSCE) a insisté sur l’urgence d’un retour à la stabilité. Pour son chargé de projets, Papa Assane Tine, « il est nécessaire de retrouver un climat apaisé au sein des universités ».
À Ziguinchor comme ailleurs, les autorités universitaires et les médiateurs civils jouent désormais la carte du dialogue. Reste à savoir si cette main tendue suffira à restaurer durablement la confiance entre administration et étudiants.
